Introduction:
http://www.saij-copyleft.net
L'ensemble des travaux et créations montrés sur ce site est placé sous licence copyleft.
Les termes de cette licence sont disponibles en français, anglais, allemand et espagnol
à l'adresse suivante:
http://artlibre.org
Dans ce cas, placer mes oeuvres sous licence copyleft signifie que toute personne peut disposer de mes créations sans avoir
ni à payer, ni à demander d'autorisation.
Aucune restriction sous forme de "droits" ou de "brevet" n'entrave l'accès à l'oeuvre.
Cette démarche représente l'application à l'art et à la culture de l'idée du "libre" et de "l'open source".
Seule condition d'utilisation d'une création pour un site par exemple: mentionner le(s) nom(s) du/des auteur(s)

Pourquoi ai-je placé un site complet sous licence copyleft:
Les idées sont à l'origine de ce site sont de 2 ordres:
-politico-économique
-philosophico-esthétique

1-La situation générale:
Les "arts et la culture" sont une activité économique comme les autres, un business pur et
dur. Les règles qui s'y appliquent sont celles de l'économie "libérale", le but est le maximum
de profit pour la seule satisfaction des actionnaires et/ou de l'équipe dirigeante.
Il est totalement illusoire de croire que le milieu des "arts et de la culture" cherche à promouvoir du contenu.
Bien que les responsables soient cultivés et puissent recourir à leurs connaissances universitaires,
leur vocation n'est pas le développement d'un contenu.
Leur objectif est double, argent et plan de carrière.
Le but réel consiste à se rapprocher au plus près d'une situation de monopole pour leur entreprise ou eux-mêmes.
Un moyen efficace pour atteindre cet objectif repose sur l'utilisation de brevets et de droits, d'exclusivité...
Deux exemples pour illustrer cette situation:
-les procès contre les utilisateurs de "p2p" pour les déchargements de morceaux musicaux.
Les majors agissent à 2 niveaux:
a)elles proclament haut et fort qu'elles sont propriétaires des droits et tentent d'intimider
les utilisateurs en leur intentant des procès. A ne pas oublier: ces mêmes compagnies
dormaient gentiment alors que le format digital se répandait très rapidement,parallèlement au
développement constant d'internet.
b)afin de protéger une activité lucrative, elles pratiquent un lobbying intensif afin de faire voter
de nouvelles lois pour renforcer leurs "droits" cf les DRM (digital right management- gestion des droits digitaux)
-l'art contemporain (arts plastiques) est déterminé par une poignée de galeristes, curateurs,
grands collectionneurs et directeurs de musées. Appliquant une stratégie marketing, ils annoncent
tous les 2 ans un renouveau de la peinture, découvrent de nouveaux talents,...
Ils "placent" de l'argent sur des artistes et en attendent un retour sur investissement.
La foire de Bâle 2004 a clairement marqué ce cheminent, d'ailleurs énoncé formellement par Marc Spiegler (dans Art + Auction).
Ici aucune question sur les artistes: sont-ils vraiment bons? ou simplement médiocres? Cela n'a pas d'importance.
Ils se concentrent sur un seul objectif: atteindre le point où la "production" de l'artiste se négocie à des prix élevés.
Dernière étape: vendre les travaux en quantité. Ils ont créé une nouvelle "star", ils controlent le marché,
et gagnent de l'argent par leur pouvoir.
Il en est d’ailleurs de ces stars comme de celles du show-bizz et de la télé réalité: beaucoup ne durent pas plus de 2 ou 3 ans,
ou bien se murent dans un autisme doublé d’autodestruction en réaction à l’implacable exigence d’une production systématique.
Si vous connaissez en privé un galeriste, il se plaindra du marché et de l'absence de ventes.
Les commentaires sur le travail d'un artiste sont réservés...aux acheteurs potentiels.

Il faut nous pencher maintenant sur la création artistique numérique, et tout particulièrement sur la création conçue
spécialement pour une publication sur internet
(création au sens large: littérature, théorie nouveau média, musique, activisme, netart, webart, blogs, software art,...)
Que représente aujourd'hui (juillet 2004) cette forme de création numérique:
-économiquement, rien (aucun marché pour ce type de création)
-politiquement, un danger
Le premier fait est clair. L'art numérique n'est ni exposé dans les musées et galeries, ni présenté sur les salons d'art contemporain.
Les artistes sont inconnus. Il est exceptionnel qu'ils perçoivent de l'argent pour un travail (ou des sommes bien modestes).
Raisons souvent invoquées pour cette exclusion: c'est éphémère, difficile à exposer, impossible à vendre...
Ah bon, un petit coup d’oeil aux installations visibles dans les musées et les galeries (la plupart de ces installations étant plus que questionables): dans ce cas aucun problème, expositions et ventes sont possibles! Conclusion: l’art numérique (tel que défini ici)
est exclu du champ de l’art contemporain.
Question: pourquoi?
Je vois 2 raisons: l'une d’ordre „politique“, l'autre liée à la crainte:
-comme je viens de l’évoquer ci-dessus, le système de l’art et de la culture fonctionne entièrement sur un mode marchand,
celui de l’argent. Le petit groupe de ceux qui dirigent ce système n’a aucun désir de changement. Il faut dire que pour eux
la situation est bien confortable: ils détiennent le pouvoir (grâce au discours sur l’art) et l’argent.
La création numérique est pour eux „terra incognita“ . Ils ne savent pas ce qu’il est possible de réaliser techniquement avec un
ordinateur et ne maîtrisent pas la théorie de ce sujet (toujours le discours). En résumé: ils ne vont pas promouvoir la création numérique qui signifie la fin de leur position dominante.
-les artistes numériques sont dangereux. Ils sont informés de ce qui se passe à l’échelle mondiale, ils utilisent les technologies
les plus récentes, ils sont critiques par rapport à leur environnement, vis a vis du milieu politico-économique, ils organisent
des expositions et conférences... développent une pensée théorique, ont leurs propres magasines, leurs listes de diffusion,
leurs„blogs“
pour parler art et politique...
Quelques exemples en guise d'illustration :
-le procès intenté à Steve Kurtz (Critical Art Ensemble) par le gouvernement US. Si la
première charge de mise en examen, le bioterrorisme, a été abandonnée, Steve Kurtz et Robert Ferrell restent toutefois
mis en examen pour un autre délit mineur. Peine maximale encourue: plusieurs années de prison
-une nouvelle loi votée en 2004 en France précise que les emails ne sont pas "correspondance privée".
Explication officielle: combattre les spams.
Il est impossible de croire à cet objectif: les serveurs des spammers ne se trouvent ni en France ni aux Etats-Unis.
Quel autre but donc si ce n’est d’espionner?
-les grands fabricants de hardwares et de logiciels n’ont aucune fonction de mécénat pour l’art numérique (à nouveau dans
le sens précisé ci-dessus). Les artistes sont bien trop critiques pour être les bienvenus.
-la suppression des subventions à la culture est toujours la première idée des gouvernements lorsqu’il s’agit de faire des économies.
Le gouvernement autrichien suit bien sûr ce précepte.
Les aides en faveur de „basis wien“ n’ont pas été renouvelées. Activité de „basis wien“:
L’archivage digital de l’art contemporain!


2-Considérations personnelles:
Placer un ensemble de créations sous copyleft et les regrouper sur un site dédié représente une réponse à la situation
décrite ci-dessus. Contester les manoeuvres du système politico-économique n’est pas une fin en soi.
Il convient d’apporter une alternative crédible pour les biens culturels en pensant que ce système alternatif appliqué à la culture
connaîtra un développement semblable à celui des logiciels libres.
Enfin un site copyleft représente une nouvelle ressource disponible pour la diffusion et le partage de la connaissance,
du savoir et de la culture.

Il faut y ajouter d’autres motivations.
-Ayant été artiste plasticienne au sens traditionnel (mes tableaux en matière, objets et installations ont été présentés dans le cadre
d’expositions individuelles et collectives) les contraintes accompagnant cette forme de présentation tombent sous le sens.
La localisation géographique de l’exposition et l’espace disponible ont un effet très simple:
seules quelques personnes peuvent voir une quantité limitée d’oeuvres.
Le passage à la création à l’ordinateur est venu modifier radicalement cet état de chose.
Les 2 points essentiels ont été la réalisation d’oeuvres spécialement conçues pour internet et la création de sites.
Mes travaux sont devenus dès cet instant accessibles mondialement, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7
(seule réserve, disposer d’un ordinateur et d’un accès à internet).
L’examen des statistiques a clairement confirmé ce fait.
Autres résultats et conséquences: expositions en ligne, articles, interviews,...
Aucune comparaison avec la situation antérieure!

-Il est très vraisemblable que parmi ces visiteurs certains d’entre eux ne fréquentent pas les galeries d’art, musées et autres salons.
Il est également permis de penser qu’aucun des visiteurs n’est collectionneur d’art.
Pourquoi ces visiteurs ne pourraient-ils pas accéder à des „biens culturels“?
Il suffit pour cela que 2 conditions soient remplies:
1-les travaux doivent être mis à disposition gratuitement (mais dans le cadre juridique précis d’une licence libre).
2-ces travaux doivent avoir les mêmes caractéristiques techniques et esthétiques que des oeuvres „payantes“.

-Occuper en tant qu’artiste le terrain des „licences libres“ appliquées à l’art et à la culture.
Les conférences sur le „libre“ ont principalement des orientations techniques et juridiques.
La présence d’art y est encore exceptionnelle.
Il convient donc que les artistes commentent leur choix (placement d’oeuvres sous licence libre) et fassent part
des points positifs et négatifs de leur approche.
Il s’agit du meilleur moyen de peser sur le système en train de se mettre en place..

-L’idée du „libre“ appliquée à la culture représente un phénomène nouveau qu’il convient de faire connaitre et de développer.
Les meilleurs promoteurs sont les utilisateurs satisfaits.
Le „bouche à oreille“ a permis à certains films d’accéder au succès. Il n’y a aucune raison que l’email (avec cc) aux amis
ou le mot sur le blog pour signaler „c’est bien et c’est gratuit“ ne joue pas ce rôle.
Si le processus „fonctionne“ , j’aurai alors la satisfaction d’y avoir apporté ma contribution.

Alors: participez et diffusez!

Isabel Saij – septembre 2004
http://www.saij-copyleft.net



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